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	<title><![CDATA[cordelius]]></title>
	<description><![CDATA[Articles RSS feed]]></description>
	<pubDate>Wed, 20 May 2026 16:58:13 +0200</pubDate>
	<link>http://malagasybondage.hotviber.com</link>
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		<title><![CDATA[Le language érotique]]></title>
		<link>http://malagasybondage.hotviber.com/le-language-erotique-444700</link>
		<description><![CDATA[Quand je survole les blogs &eacute;rotiques, les textes que vous laissez les uns et les autres, je suis effar&eacute; par la vulgarit&eacute; crue et rudimentaire de vos mots. L'&eacute;rotisme doit il obligatoirement s'accompagner de mots orduriers et de descriptions salaces pour que vous puissiez jouir du plaisir des...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Quand je survole les blogs &eacute;rotiques, les textes que vous laissez les uns et les autres, je suis effar&eacute; par la vulgarit&eacute; crue et rudimentaire de vos mots.</p>
<p>L'&eacute;rotisme doit il obligatoirement s'accompagner de mots orduriers et de descriptions salaces pour que vous puissiez jouir du plaisir des textes. La litt&eacute;rature &eacute;rotique et le plaisir des corps ne seraient ils r&eacute;serv&eacute;s qu'&agrave; des "cro-magnons" incultes et des brutes &eacute;paisses.</p>
<p>Notre litt&eacute;rature est pleine de textes grivois, presque tous les grands &eacute;crivains s'y sont essay&eacute;s. Je vais dans ces pages vous en livrer quelques uns, peut &ecirc;tre saurez vous, a l&rsquo;instar de ces lettr&eacute;s, parsemer vos photos de mots plus recherch&eacute;s.</p>
<p>Voici pour commencer, un po&egrave;me de Voltaire, intitul&eacute; Polissonnerie.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="box-sizing: inherit; border: 0px; font-family: 'Noto Serif', serif; font-size: 19px; margin: 0px 0px 1.6842em; outline: 0px; padding: 0px; vertical-align: baseline; color: #333333;">Je cherche un petit bois touffu,<br style="box-sizing: inherit;"/>Que vous portez, Aminthe,<br style="box-sizing: inherit;"/>Qui couvre, s&rsquo;il n&rsquo;est pas tondu<br style="box-sizing: inherit;"/>Un gentil labyrinthe.<br style="box-sizing: inherit;"/>Tous les mois, on voit quelques fleurs<br style="box-sizing: inherit;"/>Colorer le rivage ;<br style="box-sizing: inherit;"/>Laissez-moi verser quelques pleurs<br style="box-sizing: inherit;"/>Dans ce joli bocage.</p>
<p style="box-sizing: inherit; border: 0px; font-family: 'Noto Serif', serif; font-size: 19px; margin: 0px 0px 1.6842em; outline: 0px; padding: 0px; vertical-align: baseline; color: #333333;">&ndash; Allez, monsieur, porter vos pleurs<br style="box-sizing: inherit;"/>Sur un autre rivage ;<br style="box-sizing: inherit;"/>Vous pourriez bien g&acirc;ter les fleurs<br style="box-sizing: inherit;"/>De mon joli bocage ;<br style="box-sizing: inherit;"/>Car, si vous pleuriez tout de bon,<br style="box-sizing: inherit;"/>Des pleurs comme les v&ocirc;tres<br style="box-sizing: inherit;"/>Pourraient, dans une autre saison,<br style="box-sizing: inherit;"/>M&rsquo;en faire verser d&rsquo;autres.</p>
<p style="box-sizing: inherit; border: 0px; font-family: 'Noto Serif', serif; font-size: 19px; margin: 0px 0px 1.6842em; outline: 0px; padding: 0px; vertical-align: baseline; color: #333333;">&ndash; Quoi ! vous craignez l&rsquo;&eacute;v&egrave;nement<br style="box-sizing: inherit;"/>De l&rsquo;amoureux myst&egrave;re ;<br style="box-sizing: inherit;"/>Vous ne savez donc pas comment<br style="box-sizing: inherit;"/>On agit &agrave; Cyth&egrave;re ;<br style="box-sizing: inherit;"/>L&rsquo;amant, mod&eacute;rant sa raison,<br style="box-sizing: inherit;"/>Dans cette aimable guerre,<br style="box-sizing: inherit;"/>Sait bien arroser la gazon</p>
<p style="box-sizing: inherit; border: 0px; font-family: 'Noto Serif', serif; font-size: 19px; margin: 0px 0px 1.6842em; outline: 0px; padding: 0px; vertical-align: baseline; color: #333333;">Sans imbiber la terre.</p>
<p style="box-sizing: inherit; border: 0px; font-family: 'Noto Serif', serif; font-size: 19px; margin: 0px 0px 1.6842em; outline: 0px; padding: 0px; vertical-align: baseline; color: #333333;">&ndash; Je voudrais bien, mon cher amant,<br style="box-sizing: inherit;"/>Hasarder pour vous plaire ;<br style="box-sizing: inherit;"/>Mais dans ce fortun&eacute; moment<br style="box-sizing: inherit;"/>On ne se connait gu&egrave;re.<br style="box-sizing: inherit;"/>L&rsquo;amour ma&icirc;trisant vos d&eacute;sirs,<br style="box-sizing: inherit;"/>Vous ne seriez plus ma&icirc;tre<br style="box-sizing: inherit;"/>De retrancher de nos plaisirs<br style="box-sizing: inherit;"/>Ce qui vous donna l&rsquo;&ecirc;tre.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://data.hotviber.com/HPtvXveRRil4oP7e55kwbuN9Sds.jpg"><img src="http://data.hotviber.com/HPtvXveRRil4oP7e55kwbuN9Sds@150x150.jpg" alt="Le language &eacute;rotique"/></a></p><br /><hr />Original article written by cordelius and published on <a href="http://malagasybondage.hotviber.com">cordelius</a> <br />
Unauthorized copy forbidden]]></content:encoded>
		<pubDate>Sun, 09 Oct 2016 09:16:36 +0200</pubDate>
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		<dc:creator>cordelius</dc:creator>
		<dc:date>2016-10-09T09:16:36+02:00</dc:date>
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		<title><![CDATA[Avant toutes choses]]></title>
		<link>http://malagasybondage.hotviber.com/avant-toutes-choses-444299</link>
		<description><![CDATA[Bien des fois j&rsquo;ai tent&eacute; de mettre ce r&eacute;cit par &eacute;crit, bien des fois je l&rsquo;ai repouss&eacute;, ou je n&rsquo;ai pu arriver au bout. Si aujourd&rsquo;hui, j&rsquo;ai d&eacute;cid&eacute; de coucher sur le papier ce qui obture mes pens&eacute;es, c&rsquo;est que je con&ccedil;oit qu&rsquo;il est temps de dig&eacute;rer le pass&eacute;, et de cesser de...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Bien des fois j&rsquo;ai tent&eacute; de mettre ce r&eacute;cit par &eacute;crit, bien des fois je l&rsquo;ai repouss&eacute;, ou je n&rsquo;ai pu arriver au bout. Si aujourd&rsquo;hui, j&rsquo;ai d&eacute;cid&eacute; de coucher sur le papier ce qui obture mes pens&eacute;es, c&rsquo;est que je con&ccedil;oit qu&rsquo;il est temps de dig&eacute;rer le pass&eacute;, et de cesser de fuir devant un fant&ocirc;me qui n&rsquo;est que l&rsquo;ombre de mon chagrin.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Mon histoire, est une histoire d&rsquo;amour et de sexe, un r&eacute;cit d&rsquo;adolescent, qui entre dans la vie d&rsquo;homme par une porte d&eacute;rob&eacute;e, presque une porte taboue, et qui est rest&eacute; sur le palier pendant trente trois ans.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">&nbsp;</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">&nbsp;</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Puisqu&rsquo;il faut donner une origine a tout cela, je vous parlerai d&rsquo;un &eacute;t&eacute; 1965, dans une petite ville du centre sud de la France. Dans ces ann&eacute;es l&agrave;, je portais encore des culottes courtes, j&rsquo;avais les cheveux coup&eacute;s en brosse, et les filles n&rsquo;&eacute;taient que des espoirs herm&eacute;tiques qui riaient lorsque nous passions &agrave; c&ocirc;t&eacute; d&rsquo;elles.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Depuis deux ans, j&rsquo;avais la chance d&rsquo;&eacute;tudier dans un lyc&eacute;e, en pensionnat mixte, et m&ecirc;me si nous nous regardions de loin, sans encore oser m&eacute;langer nos jeux, les r&eacute;cits chim&eacute;riques des grands d&eacute;voilaient pour nous les myst&egrave;res f&eacute;minins. Secr&egrave;tement, nous avions tous nos petites amies de c&oelig;ur, avec lesquelles nous &eacute;changions regard h&eacute;sitants et petits mots d&eacute;suets, truff&eacute;s de fautes d&rsquo;orthographe.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Nous passions, cet &eacute;t&eacute; l&agrave;, ma petite s&oelig;ur et moi, quelques jours de vacances chez mes grands parents maternels. A quelques kilom&egrave;tres, r&eacute;sidait une s&oelig;ur de mon grand &ndash;p&egrave;re, veuve de guerre, et qui &eacute;levait avec courage quatre fille, bien plus &acirc;g&eacute;es que moi. J&rsquo;aimais, pour un jour ou deux, aller me plonger dans cet univers de femmes, &eacute;pier leurs chuchotements, d&eacute;couvrir, au dessus de la cuisini&egrave;re a charbon, des sous v&ecirc;tements inconnus, suspendus par des &eacute;pingles &agrave; linge en bois. A chacune de mes visites, j&rsquo;&eacute;tais l&rsquo;objet de toute l&rsquo;attention de mes cousines, et bien que j&rsquo;en rougisse, j&rsquo;appr&eacute;ciais beaucoup de les voir se coller contre moi, me prendre la main dans la rue, ou venir s&rsquo;asseoir sur le bord de mon lit pour des heures de discutions futiles et lourdes de sous entendus. Les deux plus jeunes, Val&eacute;rie et Marie H&eacute;l&egrave;ne, &eacute;taient les plus proches de moi. Les deux a&icirc;n&eacute;es, plus m&ucirc;res, se pr&ecirc;taient moins volontiers &agrave; ce jeu de s&eacute;duction pu&eacute;ril.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Ce matin l&agrave;, ma tante et les deux plus &acirc;g&eacute;es s&rsquo;&eacute;taient absent&eacute;es, pour se rendre au chevet d&rsquo;une vague parente alit&eacute;e, et je me retrouvais sous la garde de mes deux favorites.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Sit&ocirc;t la maison &agrave; nous, mes deux cousines se pr&eacute;cipit&egrave;rent dans ma chambre, s&rsquo;assirent sur mon lit, laissant deviner, par le col de leurs chemises de nuits savamment d&eacute;boutonn&eacute;es, des seins blanc et fermes. Ce fut Marie H&eacute;l&egrave;ne qui orienta notre discutions.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Tu es puceau, me demand&acirc;t &lsquo;elle sans ambages.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Si je connaissais le terme, j&rsquo;avoue que la signification exacte m&rsquo;&eacute;chappait un peu.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Non&nbsp;! R&eacute;pondis je dans un sursaut d&rsquo;orgueil et de forfanterie.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Ma r&eacute;ponse assur&eacute;e, les fit rougir jusqu&rsquo;aux oreilles, &eacute;changer des regard entendus, et glousser d&rsquo;une mani&egrave;re qui soudain, ne m&rsquo;augurait rien de bon. Je me doutais bien que j&rsquo;avais dit une &eacute;normit&eacute;, mais comment reculer maintenant, sans mettre &agrave; mal mon prestige aupr&egrave;s de mes deux cousines pr&eacute;f&eacute;r&eacute;es.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Elle s&rsquo;approcha de moi, glissant la t&ecirc;te sur mes genoux, son visage tendu vers le mien.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Tu as d&eacute;j&agrave; vu une fille nue&nbsp;?</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Je sentais le rouge monter &agrave; mon front et &agrave; mes oreilles, tandis qu&rsquo;une boule dure et am&egrave;re se formait dans ma gorge.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Oui, r&eacute;ussis je a murmurer.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Je ne te crois pas&nbsp;!</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Elle s&rsquo;&eacute;tait soulev&eacute;e un peu, se posant tout contre moi, et je sentais son haleine chaude caresser mon menton. Val&eacute;rie nous regardait, assise en tailleur, et je pouvais deviner, sous sa chemise de nuit, &agrave; la lisi&egrave;re de la couverture, une culotte blanche. Je me penchais soudain sur Marie H&eacute;l&egrave;ne, et posais mes l&egrave;vres sur les siennes. J&rsquo;avais &eacute;cout&eacute; les r&eacute;cits des grands, dans la cours de r&eacute;cr&eacute;ation. Je poussais ma langue contre ses l&egrave;vres qui s&rsquo;ouvrirent soudain, me laissant p&eacute;n&eacute;trer dans sa bouche. Sa langue vint &agrave; ma rencontre, et nous nous unirent pour un baiser long et appuy&eacute;. Je sentais une chaleur moite m&rsquo;envahir, tandis qu&rsquo;au milieu de mon corps, mon sexe devenait dur &agrave; m&rsquo;en faire mal. Val&eacute;rie s&rsquo;&eacute;tait allong&eacute;e &agrave; son tour, nous regardant intens&eacute;ment, tandis que sa main &eacute;tait remont&eacute;e le long de la cuisse nue de sa s&oelig;ur, sous la chemise de nuit.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Lorsque nos l&egrave;vres se d&eacute;sunirent, mon c&oelig;ur battait &agrave; un rythme proche de l&rsquo;explosion, mon estomac n&rsquo;&eacute;tait plus qu&rsquo;une boule compacte, cach&eacute;e dans un repli de mon corps, et mes oreilles &eacute;taient en feu. Marie H&eacute;l&egrave;ne me sourit, et je pris ce sourire pour une invite. J&rsquo;avan&ccedil;ais ma main vers son visage, et me penchais a nouveau, lorsqu&rsquo;elle posa un doigt sur ma bouche.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Ce n&rsquo;est pas moi qui ai envie de toi, Gabriel.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Val&eacute;rie &eacute;tait a genoux en face de nous, attentive. Sa s&oelig;ur, se dressa, et alla se placer derri&egrave;re elle. D&rsquo;un geste vif, que rien ne laissait pr&eacute;voir, Marie H&eacute;l&egrave;ne se saisit de la chemise nuit de sa s&oelig;ur, et la fit passer pardessus sa t&ecirc;te. Val&eacute;rie se trouva l&agrave;, devant moi, v&ecirc;tue seulement d&rsquo;une culotte blanche, m&rsquo;offrant deux petits seins ronds et fermes, orn&eacute;s d&rsquo;un t&eacute;ton ros&eacute;. Marie H&eacute;l&egrave;ne &eacute;tait revenue vers moi, passant sa main derri&egrave;re mon cou.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Caresse l&agrave;, elle aime &ccedil;a.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Comme si il s&rsquo;agissait d&rsquo;un signal convenu entre elles, Val&eacute;rie posa sa t&ecirc;te sur mes genoux, lovant son corps jeune et souple contre le mien. Je posais une main h&eacute;sitante sur un sein, me penchant sur ses l&egrave;vres, pour go&ucirc;ter enfin &agrave; la pr&eacute;f&eacute;r&eacute;e de mes cousines.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Nous &eacute;tions l&agrave;, suspendus dans le temps, et ma main se mit &agrave; courir sur cette peau chaude et souple. Elle, immobile et tendue, moi avide des sensations qui envahissaient mon esprit. J&rsquo;avais l&rsquo;impression de ressentir tous les frissons que ma caresse faisait na&icirc;tre sur cette peau si fine qu&rsquo;elle en semblait translucide.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">J&rsquo;avais envie de l&rsquo;avoir toute &agrave; moi. De toucher ce corps &eacute;mouvant par toutes les fibres de mon &ecirc;tre. J&rsquo;&ocirc;tais prestement ma veste de pyjamas, repoussait les couvertures qui couvraient mes jambes, pour me coucher contre elle. Je pressais ma poitrine, mon ventre contre le sien, ce sexe dur et tendu, dans mon pantalon, gard&eacute; pudiquement, contre la petite culotte blanche. Ma bouche repartit &agrave; l&rsquo;assaut, tandis que mes mains caressaient son visage, se noyaient dans ses cheveux.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">J&rsquo;avais r&ecirc;v&eacute; cet instant maintes fois, r&eacute;p&eacute;tant &agrave; l&rsquo;infini les gestes que soudain, ma m&eacute;moire occultait, pour se perdre dans une brume &eacute;paisse et confuse. Val&eacute;rie &eacute;tait &agrave; moi, enfin, et cela me faisait peur. Pourtant, je m&rsquo;enhardissais, de son visage, mes mains descendirent vers sa poitrine, jouant un instant avec un t&eacute;ton dur et tendu. Elle frissonnait, poussait des petits cris, &eacute;touff&eacute;s par mes baisers. Ses bras s&rsquo;&eacute;taient referm&eacute;s sur moi, enfon&ccedil;ant ses ongles dans mon dos, me pressant contre elle.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">J&rsquo;avais envie d&rsquo;aller plus loin, d&rsquo;acc&eacute;der enfin &agrave; ce mythe f&eacute;minin, toucher &agrave; l&rsquo;extase, et la poss&eacute;der pleinement.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Mais mes gestes &eacute;taient fig&eacute;s, incapables d&rsquo;aller au del&agrave; de l&rsquo;&eacute;lastique qui barrait son ventre plat, &agrave; peine iris&eacute; d&rsquo;un velours imperceptible.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Je quittais ses l&egrave;vres pour embrasser son visage, descendre sur son cou, atteindre enfin ce bout de t&eacute;ton ros&eacute;, que j&rsquo;avalais goul&ucirc;ment. Val&eacute;rie se raidit, comme sous l&rsquo;impulsion d&rsquo;une d&eacute;charge &eacute;lectrique, et de mon dos, ses mains gliss&egrave;rent sur ma nuque.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">J&rsquo;avais oubli&eacute; la pr&eacute;sence de Marie H&eacute;l&egrave;ne, tout &agrave; la d&eacute;couverte de sa s&oelig;ur. Tout d&rsquo;un coup, je sentis une troisi&egrave;me main caresser mon dos, tandis qu&rsquo;une autre venait se saisir du second t&eacute;ton de Val&eacute;rie. Surpris, j&rsquo;abandonnais le corps de ma cousine, pour m&rsquo;&eacute;carter un peu, et regarder les deux s&oelig;urs.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Marie H&eacute;l&egrave;ne s&rsquo;&eacute;tait mise nue, enti&egrave;rement. Elle m&rsquo;offrait un corps &agrave; la peau d&rsquo;une blancheur diaphane, des seins lourds, aux larges aur&eacute;oles brunes, et une touffe de poils pubiens, entre le roux et le blond. Profitant de mon recul, elle se pencha sur sa s&oelig;ur, glissant ses doigts sous l&rsquo;&eacute;lastique de la petite culotte, et la lui retira. Plantant son regard dans le mien, elle se coucha &agrave; c&ocirc;t&eacute; de sa s&oelig;ur.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ &Ccedil;a te choque, me demand&acirc;t elle</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">J&rsquo;&eacute;tais sans voix, abasourdit par tout ce qui m&rsquo;arrivait. Je regardais ces deux filles nues, offertes, habitu&eacute;es semblait il a caresser leurs corps, et dieu sait quelles folies encore, que je n&rsquo;osais imaginer. Val&eacute;rie me tendit la main.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Viens dit elle, enl&egrave;ve ton pantalon.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">&nbsp;</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Ces folies que mon esprit imaginait, nous les avons faites. Bien s&ucirc;r, elles s&rsquo;aper&ccedil;urent vite que j&rsquo;&eacute;tais novice aux choses de l&rsquo;amour, mais elles furent de bons professeurs. Je leur dois d&rsquo;avoir appris &agrave; aimer du bout des doigts, &agrave; chercher sur sa peau, le plaisir de ma partenaire, &agrave; le prendre sous mes mains, ma bouche, ma langue. A retarder au plus loin l&rsquo;instant de p&eacute;n&eacute;trer en elles.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">&nbsp;</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Les ann&eacute;es ont pass&eacute;es, d&rsquo;autres filles ont travers&eacute;es ma vie, des adolescentes peureuses, des pudiques qui s&rsquo;enfuyaient au premier contact, des curieuses. J&rsquo;ai aim&eacute; leur peau, je les ai faites frissonner, vibrer comme des cordes de violon sous l&rsquo;archer de mes doigts, mais aucune n&rsquo;avait su retenir mon c&oelig;ur.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">&nbsp;</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">-----------------------------</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">&nbsp;</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">En 1968, j&rsquo;&eacute;tais toujours dans le m&ecirc;me lyc&eacute;e, en classe de premi&egrave;re. Je rentrais chez moi tous les week-end, retrouver mes amis, exhiber ma mobylette Flandria 50cc &eacute;quip&eacute;e d&rsquo;un guidon style Harley Davidson, faire du sport, et aller tuer le temps a la maison des jeunes que nous avions cr&eacute;e deux ans plut&ocirc;t. C&rsquo;est l&agrave; que je vis Anne pour la premi&egrave;re fois. Sa m&egrave;re &eacute;tait d&rsquo;origine Vietnamienne, son p&egrave;re un l&eacute;gionnaire Fran&ccedil;ais de souche Italienne. Le m&eacute;lange donnait un visage &agrave; l&rsquo;ovale asiatique, encadr&eacute; de cheveux longs et ondul&eacute;s. Elle avait quinze ans.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">C&rsquo;&eacute;tait une adolescente exub&eacute;rante. Une de ces filles qui passait de gar&ccedil;ons en gar&ccedil;ons, pr&ecirc;tant ses l&egrave;vres &agrave; qui les voulait, mais se sauvant en riant, d&eacute;s que les choses devenaient s&eacute;rieuses. Anne &eacute;tait jolie, et elle le savait. Nous appelions cela une allumeuse.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Moi, j&rsquo;&eacute;tais celui qui passe. Le pensionnat me retenait toute la semaine, et il arrivait m&ecirc;me, que je ne rentre pas de quinze jours. Il lui restait donc peu de temps pour essayer son charme sur moi. Instruit de son comportement par mes amis, j&rsquo;avais ignor&eacute; ses appels. C&rsquo;est peut &ecirc;tre cela qui nous rapprocha le plus.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Lorsque fleurit le mois de Mai, nous nous retrouv&acirc;mes dans les rue de Toulouse. Je venais y d&eacute;fendre des convictions que je croyais justes. Elle venait y exulter une hargne d&rsquo;adolescente en guerre contre le monde entier.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Je ne vais pas raconter ici les &eacute;v&eacute;nements de Mai 1968, la part que j&rsquo;y ai pris, les enseignements que j&rsquo;en ais tire, l&agrave; n&rsquo;est pas mon propos.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Le fait est, que le 21 Mai, le mouvement prenait un tour qui n&rsquo;&eacute;tait plus en ad&eacute;quation avec mes id&eacute;es, et je d&eacute;cidais de renter. Mon lyc&eacute;e &eacute;tait occup&eacute;, les cours interrompus, et je me retrouvais chez moi, d&eacute;s&oelig;uvr&eacute;. C&rsquo;est tout naturellement que je me dirigeais vers la maison des jeunes pour y chercher, au mieux un compagnon de ping-pong, au pire un bon livre. Anne &eacute;tait l&agrave;, rapatri&eacute;e de Toulouse par son p&egrave;re, mi alcoolique, mi fasciste.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Je me souviens de ce premier jour, comme si j&rsquo;y &eacute;tais encore. Nous nous sommes assis &agrave; m&ecirc;me le sol, sur la terrasse, au soleil, et nous avons parl&eacute;s, de tout et de rien. Nous avons parl&eacute;s des &eacute;v&egrave;nements, des raisons de la r&eacute;volte, de mes id&eacute;es. Elle voulait tout savoir. Je n&rsquo;avais plus devant moi, la petite fille d&eacute;lur&eacute;e, qui aguichait tous les gar&ccedil;ons, mais une jeune fille attentive, avide de connaissances. La nuit tombait, lorsque je l&rsquo;ai raccompagn&eacute;e chez elle, avec ma flandria rouge.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Nous nous sommes revus tous les jours, durant les deux semaines que dur&egrave;rent les manifestations. Nous avons, sur mon engin p&eacute;taradant, sillonn&eacute;s toute la r&eacute;gion, visitant les vieux villages, passant des heures &agrave; bavarder, couch&eacute;s dans l&rsquo;herbe tendre, aupr&egrave;s d&rsquo;un lac ou d&rsquo;une rivi&egrave;re. Petit &agrave; petit, elle se d&eacute;couvrait. Son insouciance d&rsquo;allumeuse n&rsquo;&eacute;tait qu&rsquo;une fa&ccedil;ade, un paravent qui cachait sa peur &eacute;norme de la vie. Sa peur des autres aussi, la peur de sa diff&eacute;rence. Elle me fit voir les cicatrices, sur ses bras, son ventre. Lorsqu&rsquo;elle angoissait, elle se mutilait, avec un couteau, des ciseaux, la pointe de son compas. Sa vie n&rsquo;&eacute;tait pas facile. Bien souvent, son p&egrave;re rentrait saoul le soir, et la violence &eacute;clatait &agrave; la maison. Alors elle se r&eacute;fugiait dans sa chambre, et dans la souffrance.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Ce fut un de ces jours de drame, ou je la trouvais sur la terrasse en larmes, que je la pris pour la premi&egrave;re fois dans mes bras. Elle s&rsquo;appuya sur ma poitrine, posant la t&ecirc;te sur mon &eacute;paule, elle me murmura.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Serre moi fort.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Nous sommes rest&eacute;s un moment, enlac&eacute;s et immobiles. Je humais son parfum. Elle sentait bon comme un matin de printemps dans une maison de campagne. Je glissais ma main dans ses cheveux, laissant couler sur mes doigts cette cascade mordor&eacute;e aux reflets cuivr&eacute;s.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Je ne sentais pas ses mains sur moi. Elle les avait crois&eacute;es dans son dos, se pressant un peu plus contre moi. Je sentais contre ma poitrine, s&rsquo;&eacute;craser deux seins souples, aux pointes dures. Je glissais mon autre main vers les siennes, m&ecirc;lant nos doigts. Elle leva vers moi un visage baign&eacute; de larmes.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Prend mes poignets, dit elle dans un murmure.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">J&rsquo;enserrais ses deux poignets dans la pince de ma main, appuyant un peu plus la caresse dans ses cheveux. Sa respiration entrecoup&eacute;e de sanglots se calma. Je la sentais s&rsquo;appuyer un peu plus contre moi, se laissant aller. Je ne sais combien de temps nous sommes rest&eacute;s ainsi, immobiles et silencieux. Mais cette &eacute;ternit&eacute; me sembla une seule seconde. Ma main &eacute;tait redescendue sur sa nuque, je caressais son cou, le bas de son visage. Est-ce moi qui l&rsquo;ai forc&eacute;e a lever la t&ecirc;te, ou est ce elle qui s&rsquo;est tourn&eacute;e vers moi. Je ne sais, mais nos l&egrave;vres se sont retrouv&eacute;es enlac&eacute;es, et une pointe de langue dure, a p&eacute;n&eacute;tr&eacute;e ma bouche.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Bien longtemps apr&egrave;s, nous nous sommes retrouv&eacute;s tous deux, assis sur le sol de la terrasse, c&ocirc;te &agrave; c&ocirc;tes. J&rsquo;avais sa main dans la mienne, elle avait pos&eacute; sa t&ecirc;te sur mon &eacute;paule. Elle ne pleurait plus, mais sa main me caressait et me pressait &agrave; la fois.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Je ne suis pas un pute Gabriel, me dit elle.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Je n&rsquo;ai jamais dit &ccedil;a, Anne.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ C&rsquo;est ce qui se dit. Une pute ou une allumeuse. Mais je n&rsquo;ai couch&eacute; avec aucun.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Je restais silencieux, ne sachant o&ugrave; elle voulait en venir.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Tout ce que j&rsquo;ai fait c&rsquo;est chercher, Gabriel, chercher le bon.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Tu es peut &ecirc;tre un peu jeune pour trouver l&rsquo;homme de ta vie.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Tu voudrais &ecirc;tre celui l&agrave;&nbsp;?</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Sa question me fit sourire.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Ce que j&rsquo;ai appris de toi en quelques jours, me plait Anne, mais de l&agrave; &agrave; dire que tu es la femme de ma vie. Je ne suis s&ucirc;r de rien.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Je ne sais si c&rsquo;est ma sinc&eacute;rit&eacute; qui lui plut, mais elle se serra un peu plus contre moi.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Tu veux bien essayer&nbsp;?</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Je me tournais vers elle, glissais deux doigts sous son menton, lui relevais la t&ecirc;te, et d&eacute;posais sur ses l&egrave;vres un baiser doux et l&eacute;ger.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ On peut essayer lui dis je</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">&nbsp;</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">A compter de ce jour, l&rsquo;attitude d&rsquo;Anne envers les autres changea du tout au tout. A tous, elle clamait qu&rsquo;elle &eacute;tait &agrave; moi, et qu&rsquo;elle n&rsquo;aurait plus jamais d&rsquo;aventure avec d&rsquo;autres gar&ccedil;ons. Pour ma part, je rentrais tous les week-end, impatient de la retrouver. Fini les absences de quinze jours, pour m&rsquo;esquiver le dimanche avec mon club de rugby. J&rsquo;avais tout abandonn&eacute;, pour me consacrer exclusivement &agrave; Anne. Je la revois encore, guetter le bruit de ma mobylette derri&egrave;re sa fen&ecirc;tre, et descendre de son troisi&egrave;me &eacute;tage, pour courir se jeter dans mes bras, lorsque je rentrais le vendredi soir.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Une ann&eacute;e a pass&eacute;e, d&rsquo;un amour platonique, &agrave; nous d&eacute;couvrir, apprendre &agrave; nous conna&icirc;tre. Elle me fit d&eacute;couvrir le Vietnam qu&rsquo;elle ne connaissait pas, et pour lequel elle avait un amour nostalgique. Elle m&rsquo;enseigna la philosophie Bouddhiste, la compassion. J&rsquo;&eacute;crivis des po&egrave;mes pour elle, une &eacute;pop&eacute;e de deux cent quatrains,&nbsp;&raquo;La rose de Babylone&nbsp;&raquo;. Elle faisait du fusain. De noirs et tortur&eacute;s, ses dessins devinrent plus clairs, frais, joyeux. Pourtant je voyais encore fleurir sur ses bras, ou ses mains, des cro&ucirc;tes d&rsquo;&eacute;raflures ou de coupures. Un soir de vacances de p&acirc;ques, ou nous &eacute;tions r&eacute;fugi&eacute;s dans ma chambre, sous la vigilance complice de mes parents, je lui en fis le reproche. Elle resta un instant, t&ecirc;te basse, boudeuse, puis tourna ses grands yeux verts d&rsquo;eau, vers moi.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Si je te demandais quelque chose de bizarre en &eacute;change, Gabriel, le ferrais tu pour moi&nbsp;?</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Dis moi&nbsp;!</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Pas aujourd&rsquo;hui. Demain nous irons chez Suzanne.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Suzanne &eacute;tait la s&oelig;ur a&icirc;n&eacute;e d&rsquo;Anne. Mari&eacute;e depuis deux ans, sa maison &eacute;tait un refuge contre les crises de violence de son p&egrave;re, et un abri pour notre amour. Nous allions souvent chez elle. Elle nous abandonnait une chambre, et nous nous couchions l&rsquo;un contre l&rsquo;autre, d&eacute;voilant nos corps, nous laissant aller au plaisir des caresses.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Nous nous sommes retrouv&eacute;s chez Suzanne en d&eacute;but d&rsquo;apr&egrave;s-midi. La temp&eacute;rature avait fra&icirc;chie, et la pluie qui tombait alternait gouttes d&rsquo;eau et neige fondue. Suzanne nous accueillis en nous signalant qu&rsquo;elle devait s&rsquo;absenter, et que nous serions seuls tout l&rsquo;apr&egrave;s-midi.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Quand je repense &agrave; ces instants, je me dis que Anne savait exactement ce qu&rsquo;elle voulait faire de sa vie. Ces mois qui venaient de s&rsquo;&eacute;couler n&rsquo;avaient servis qu&nbsp;&lsquo;&agrave; me tester. Elle avait offert son corps &agrave; ma caresse, mais m&rsquo;avait interdit de lui faire l&rsquo;amour. Moi, parce que je sentais un sentiment &eacute;norme na&icirc;tre dans mon c&oelig;ur, et parce que je la respectais, j&rsquo;avais ob&eacute;i. J&rsquo;avais pourtant d&eacute;ploy&eacute; tout mon art de la sensualit&eacute;. J&rsquo;avais mis en pratique les le&ccedil;ons apprises de mes cousines, d&eacute;couvrant sur le corps d&rsquo;Anne, des sensibilit&eacute;s qu&rsquo;elle ne soup&ccedil;onnait pas. J&rsquo;avais attendu patiemment, qu&rsquo;elle accepte de se donner toute enti&egrave;re.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Lorsque nous f&ucirc;mes entr&eacute;s dans la chambre, elle d&eacute;posa son cir&eacute; vert, le lourd sac de toile de jute qu&rsquo;elle portait en bandouli&egrave;re, et s&rsquo;allongea sur le lit. J&rsquo;&ocirc;tais mon cuir de moto, mes chaussures, et allais la rejoindre. Elle se glissa sous moi, et m&rsquo;attira contre elle pour un long baiser. Je me laissais prendre par la passion de cette &eacute;treinte, et glissais doucement ma main sous sa jupe, caressant du bout des doigts sa peau nue, jusqu'&agrave; l&rsquo;&eacute;lastique qui lui barrait l&rsquo;aine. Doucement je montais sur le tissu de sa petite culotte, lui effleurant le ventre, lorsqu&rsquo;elle se d&eacute;gagea. J&rsquo;allais la rattraper, mais elle posa un doigt sur mes l&egrave;vres.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Attend, dit elle, tout &agrave; l&rsquo;heure je serrais &agrave; toi.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Elle s&rsquo;assit en tailleurs en face de moi, et j&rsquo;en fis autant. Elle me tendit ses mains, et je les pris.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Tu sais dit elle, quand je suis triste, j&rsquo;aimes me poser contre toi, et que tu tienne mes mains dans mon dos.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">C&rsquo;&eacute;tait effectivement devenu une habitude, lorsque les choses n&rsquo;allaient pas pour elle. J&rsquo;avais trouv&eacute; cela bizarre au d&eacute;but. Elle m&rsquo;avait expliqu&eacute;e que c&rsquo;&eacute;tait une fa&ccedil;on de se r&eacute;fugier dans ma chaleur protectrice. Un signe d&rsquo;appartenance qui la rassurait. Alors je la prenais contre moi, je liais ses poignets dans le n&oelig;ud de ma main, et je la rassurais de caresses et de paroles douces.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Oui, r&eacute;pondis je.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Je voudrais que tu fasse plus pour moi.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Je la regardais, curieux. Elle quitta le lit o&ugrave; nous &eacute;tions assis, pour aller chercher, par terre, son sac de toile de jute, qu&rsquo;elle d&eacute;posa devant moi.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Il y a la dedans, dit elle en revenant s&rsquo;asseoir, deux foulards et des cordes. Je veux que tu me d&eacute;shabilles, avec ta douceur et ton amour, et que tu m&rsquo;attaches. Les mains, les pieds, les bras, avec un foulard, que tu bandes mes yeux, avec l&rsquo;autre, que tu me fasses un b&acirc;illon.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Et apr&egrave;s, demandais, je, un peu effar&eacute; par ce que j&rsquo;entendais.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Apr&egrave;s, je serais toute &agrave; toi. Tu pourras m&ecirc;me me faire l&rsquo;amour si tu veux.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Attach&eacute;e&nbsp;?</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Oui, attach&eacute;e Gabriel. Je veux &ecirc;tre attach&eacute;e a toi pour toujours.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Comme je la regardais, immobile, je vis une grosse larme perler au coin de sa paupi&egrave;re.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Ne me repousse pas, murmur&acirc;t elle, essaye.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Je pris le sac devant moi, et en sortis effectivement deux foulards de tissus, noirs et brillants, et trois morceaux d&rsquo;une corde torsad&eacute;e et blanche, enroul&eacute;s sur elles-m&ecirc;mes. Anne s&rsquo;allongea sur le dos, contre moi, offerte. Je me penchais sur elle, et entrepris de d&eacute;faire un &agrave; un, les boutons de son chemisier. Lorsqu&rsquo;elle fut nue, elle se tourna sur le ventre, croisant les mains dans le dos. Je les lui attachais, laissant les cordes l&acirc;ches, mais elle me reprit.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ N&rsquo;ai pas peur de serrer, me dit elle, marque ton emprise sur moi.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Lorsque j&rsquo;eus termin&eacute;, elle &eacute;tait &eacute;troitement immobilis&eacute;e. J&rsquo;avais nou&eacute; un foulard sur ses yeux, mais laiss&eacute; sa bouche libre.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Un peu d&eacute;concert&eacute; au d&eacute;part, j&rsquo;&eacute;tais forc&eacute; d&rsquo;avouer, avec honte, que j&rsquo;avais pris plaisir &agrave; la lier ainsi. Je la regardais, immol&eacute;e et offerte, et je la trouvais d&rsquo;une beaut&eacute;&nbsp;exacerb&eacute;e. Les cordes blanches, qui barraient son corps a intervalles r&eacute;guliers, rehaussaient l&rsquo;&eacute;clat de sa peau. Ses bras, tires en arri&egrave;re, faisaient ressortir ses seins. Mon sexe &eacute;tait dur et tendu, &agrave; m&rsquo;en faire mal, et je me disais que si je m&rsquo;aventurais &agrave; la toucher encore, j&rsquo;allais exploser. Pourtant je me penchais vers elle, et l&rsquo;embrassais .A pleine bouche, goul&ucirc;ment, fourrageant ma langue contre la sienne, comme si je voulais l&rsquo;aspirer. Je me d&eacute;shabillais en vitesse, et me couchais contre elle, posant ma peau contre la sienne, et les cordes qui l&rsquo;enserraient. J&rsquo;embrassais ses yeux, &agrave; travers le tissu, et ce contact m&rsquo;&eacute;lectrisa. Du regard, je cherchais le second carr&eacute; d&rsquo;&eacute;toffe, le saisis par les deux coins oppos&eacute;s, pour le rouler en un cylindre serr&eacute;, que j&rsquo;introduisit dans sa bouche, et nouais derri&egrave;re sa nuque. Ses l&egrave;vres &eacute;taient toujours offertes, mais sa bouche obtur&eacute;e. Je me penchais a nouveau, faisant aller ma langue, de la chair au tissu, du tissu &agrave; la chair, d&eacute;couvrant une volupt&eacute; nouvelle. Alors seulement, je commen&ccedil;ais &agrave; la caresser. Doucement, faisant alterner sur sa peau, le bout des doigts, et les ongles. Je retrouvais les gestes que les femmes ont entre elles, et que j&rsquo;avais vu faire &agrave; mes cousines. Anne se tordait dans ses cordes, poussant de petits cris, &eacute;touff&eacute;s par son b&acirc;illon. Elle jou&icirc;t une premi&egrave;re fois, alors que mes mains avaient a peines d&eacute;pass&eacute;es la hauteur de ses seins.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Sans lui laisser de r&eacute;pit, je descendais sur son ventre. Tandis que mes doigts faisaient na&icirc;tre des frissons sur son abdomen, ma bouche engloutit un t&eacute;ton, mordillant et l&eacute;chant, aspirant ce bout de chair ros&eacute;e comme pour l&rsquo;avaler.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Anne atteignit l&rsquo;extase une seconde fois, avant que mes mains n&rsquo;atteignent ce bourgeon gonfl&eacute;, baignant dans un oc&eacute;an de ros&eacute;e. Ses jambes &eacute;taient serr&eacute;es par les cordes, et je for&ccedil;ais le passage entre ses cuisses, pour arriver au plus pr&egrave;s de son intimit&eacute;.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Je m&rsquo;&eacute;tais toujours arr&ecirc;t&eacute; l&agrave;, me contentant de caresser les bords de ce sexe &agrave; peine velu, et qui s&rsquo;inondait au premier contact. Anne souleva son bassin, m&rsquo;offrant ce joyau. Alors avec la plus grande douceur, mes doigts p&eacute;n&eacute;tr&egrave;rent dans cet orifice chaud et humide.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">&nbsp;</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Il &eacute;tait un peu plus de dix sept heures. Anne &eacute;tait toujours nue, li&eacute;e. J&rsquo;avais &ocirc;t&eacute; son b&acirc;illon, mais elle avait refus&eacute;e que je lui enl&egrave;ve le bandeau de ses yeux. J&rsquo;&eacute;tais adoss&eacute; contre la t&ecirc;te de lit, son visage &eacute;tait sur mon ventre, et je lui caressais les cheveux. Nous avions fais l&rsquo;amour comme des fous. J&rsquo;avais d&eacute;li&eacute; ses jambes, pour la p&eacute;n&eacute;trer, et par trois fois, j&rsquo;avais r&eacute;pandu ma semence sur son corps. A aucun moment, elle n&rsquo;avait voulu que je lui d&eacute;tache les mains.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Je t&rsquo;aimes Gabriel, me dit elle, maintenant, j&rsquo;en suis s&ucirc;re, c&rsquo;est toi que j&rsquo;aimerais toute ma vie.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Je t&rsquo;aime aussi, Anne, bien que tu me d&eacute;concertes.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Tu n&rsquo;as pas appr&eacute;ci&eacute;&nbsp;?</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Si r&eacute;pondis je dans un sourire, j&rsquo;y ais m&ecirc;me trouv&eacute; un plaisir que je ne connaissais pas.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Alors&nbsp;?</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Dans son interrogation, je devinais soudain, un espoir immense et vital.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Alors, laisse moi le temps de comprendre, et de m&rsquo;habituer.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Comprendre, c&rsquo;est simple, Gabriel. J&rsquo;ai peur de la vie, peur qu&rsquo;elle me fasse mal. Parce qu&rsquo;elle m&rsquo;a d&eacute;j&agrave; fait mal, tu comprend. Regarde moi, je ne suis comme personne. Je n&rsquo;ai pas de pays. J&rsquo;ai un pied en France et l&rsquo;autre en Asie. Ma m&egrave;re est d&eacute;pressive d&rsquo;avoir quitt&eacute; son pays, mon p&egrave;re est violent, d&rsquo;avoir perdu son identit&eacute;. Et moi je sui un anachronisme. Chaque fois que mon p&egrave;re frappe sur ma m&egrave;re, ou sur moi, il y a une petite voix qui me dit que c&rsquo;est de ma faute. C&rsquo;est plus fort que moi, il faut que je me punisse.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ C&rsquo;est pour &ccedil;a que tu te mutiles.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ C&rsquo;est ma punition, ma fa&ccedil;on a moi de meurtrir mon corps, pour me laver du p&eacute;ch&eacute; de ma naissance.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Et le fait de t&rsquo;attacher&nbsp;?</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ C&rsquo;est toi qui me punis mon ange, toi qui fais violence &agrave; ce corps que je te donne, et de toi, il ne peut me venir aucun mal. Parce que tu ne me ferras jamais de mal n&rsquo;est ce pas&nbsp;?...Jamais.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Que pouvais je r&eacute;pondre &agrave; ses arguments. Elle s&rsquo;offrait &agrave; moi. Plus que de l&rsquo;amour, cela devenait de la d&eacute;pendance. Je me penchais sur elle, et d&eacute;posais un baiser sur ses l&egrave;vres.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">&nbsp;</p>
<table dir="ltr" cellspacing="0" cellpadding="0" width="6" align="left"><colgroup><col width="6"/> </colgroup>
<tbody>
<tr>
<td style="border: none; padding: 0cm;" width="6" height="14" valign="top">
<p class="western">&nbsp;</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>._ Je t&rsquo;aimes, lui dis je. J&rsquo;accepte ton cadeau, et je le ch&eacute;rirais toute ma vie.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">&nbsp;</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Comment raconter la suite. Je pris go&ucirc;t &agrave; ce jeu. C&rsquo;&eacute;tait une complicit&eacute; de tous les instants. Lorsque nous avions des moments d&rsquo;intimit&eacute;, je la liais. Nous ne faisions pas toujours l&rsquo;amour. C&rsquo;&eacute;tait juste le plaisir de l&rsquo;avoir nue contre moi, immobile, et attentive.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">&nbsp;</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">En septembre 1979, je rentrais &agrave; l&rsquo;universit&eacute;, plus exactement &agrave; l&rsquo;&eacute;cole des arts et m&eacute;tiers, dans le quartier St Cyprien, derri&egrave;re l&rsquo;&eacute;cole des beaux arts. Le soir, je faisais le service dans un bar du quartier, pour payer le loyer d&rsquo;un petit logement que me louais un ami de mon p&egrave;re. Anne &eacute;tait entr&eacute;e au lyc&eacute;e Jolimont, et logeait chez une vague cousine, cens&eacute;e la surveiller.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">J&rsquo;avais, depuis plus de huit ans, entrepris d&rsquo;apprendre le travail du cuir, aupr&egrave;s d&rsquo;un voisin bourrelier.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">La cousine qui h&eacute;bergeait Anne avait un jour, fait un vilain accroc sur un coussin en cuir, et je le lui avais gracieusement r&eacute;par&eacute;. Depuis ce jour, j&rsquo;avais trouv&eacute; gr&acirc;ce &agrave; ces yeux, et elle nous laissait nous retrouver aussi souvent que nous le voulions. La seule condition &agrave; notre libert&eacute;, &eacute;tait que les notes d&rsquo;Anne ne descendent pas en dessous de la moyenne. Heureusement, notre amour nous poussait, et nous mettions autant d&rsquo;ardeur &agrave; travailler, qu&rsquo;&agrave; nous aimer.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Pendant les ann&eacute;es scolaires 1970 et 1971, le tems que je pr&eacute;pare mon brevet industriel, nous avons pratiquement v&eacute;cus ensembles. Ce furent deux ann&eacute;es d&rsquo;un bonheur immense. Anne &eacute;tait &agrave; moi, comme plus jamais une femme ne l&rsquo;a &eacute;t&eacute;.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">&nbsp;</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Il n&rsquo;&eacute;tait pas question d&rsquo;esclavage ou d&rsquo;humiliation, de sadisme ou de perversion. C&rsquo;&eacute;tait des termes que je ne connaissais pas. Pour nous il n&rsquo;y avait qu&rsquo;un immense don d&rsquo;amour, et un jeu, &eacute;rotique, qui nous ravissait et nous faisait grandir. Tr&egrave;s vite j&rsquo;avais compris les risques que je pouvais faire courir &agrave; Anne, et bien qu&rsquo;elle soit toujours plus exigeante dans la difficult&eacute; des positions, je faisais tr&egrave;s attention &agrave; ne pas mettre sa vie en danger. Nous avions convenus de codes, de petits gestes significatifs, qui me signalaient son &eacute;tat d&rsquo;esprit, ce qu&rsquo;elle ressentait, et surtout si tout allait bien dans sa t&ecirc;te et dans son corps.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Notre journ&eacute;e se d&eacute;roulait comme celle de millions d&rsquo;&eacute;tudiants, occup&eacute; &agrave; leurs travaux, et &agrave; faire des petits boulots, pour gagner un peu d&rsquo;argent. Anne venait me rejoindre le soir au &laquo;&nbsp;chat d&rsquo;Oc&nbsp;&raquo;, le bar ou je travaillais. Elle s&rsquo;installait sur une table du fond de salle, pour faire ses devoirs. Vers vingt heures nous mangions un morceau, offert par mon patron, avant la fin de mon service, une heure plus tard. Alors nous prenions ma vieille 2cv de 1954, et nous rentrions &agrave; mon studio.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">J&rsquo;avais un vieux canap&eacute; de velours cramoisi, &eacute;chang&eacute;, contre quelques menus services, a un brocanteur de st Martin du Touch. Je m&rsquo;installais &agrave; un coin, sous la lampe &agrave; abat jour, r&eacute;cup&eacute;r&eacute;e chez le m&ecirc;me, et Anne venait s&rsquo;allonger pr&egrave;s de moi, nue, la t&ecirc;te sur mes genoux. Je lui liais les mains, les pieds, et lui obturais les yeux avec un des immuables foulards noirs. Certains soirs, elle avait envie de parler, nous nous racontions notre journ&eacute;e, elle me disait ses angoisses, et je la rassurais en caressant son corps. D&rsquo;autres soirs, je lui disais mes derniers po&egrave;mes, ou nous nous plongions de concert dans ceux d&rsquo;Arthur Rimbaud, ou de Fran&ccedil;ois Villon. Les soirs de m&eacute;nage ou de repassage, je l&rsquo;attachais sur une chaise, et je tournais autour d&rsquo;elle, &agrave; mes occupations, d&eacute;posant baisers et caresses sur sa peau a chacun de mes passages.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Au d&eacute;but de l&rsquo;ann&eacute;e 1970, une boite de nuit que nous fr&eacute;quentions, &laquo;&nbsp;la mouette&nbsp;&raquo;, changea son d&eacute;cor. Il y avait une grande colonne en bois blanc, que je r&eacute;ussis &agrave; n&eacute;gocier pour presque rien. Si le transport dans ma 2cv jusqu'&agrave; mon studio fut &eacute;pique, l&rsquo;installation n&rsquo;en fut pas moins ais&eacute;e. Lorsque j&rsquo;eu termin&eacute;, et v&eacute;rifi&eacute; que mon travail &eacute;tait solide, Anne voulu l&rsquo;essayer sans tarder. Elle resta l&agrave; un dimanche entier. Je la caressais, je lui fis l&rsquo;amour, je la nourris. Le soir, quand elle accepta enfin que je la d&eacute;livre, au moment de venir se coucher contre moi, elle passa ses bras autour de mon cou, s&rsquo;approchant de mon oreille.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">_ Je suis la femme la plus heureuse du monde me dit elle, la plus folle peut &ecirc;tre aussi, mais je t&rsquo;aimes.</p>
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<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Le temps aidant, je prenais go&ucirc;t a jouer avec son corps. Les figures que dessinaient les cordes sur son corps &eacute;taient de plus en plus complexes, les positions plus os&eacute;es. Il m&rsquo;arrivait parfois de passer plusieurs heures &agrave; r&eacute;aliser un ligotage particulier. D&rsquo;une sorte de th&eacute;rapie contre sa peur, ce qui &eacute;tait devenu un jeu, &eacute;tait en train de se transformer en art. J&rsquo;&eacute;tais si souvent fascin&eacute; par la beaut&eacute; du r&eacute;sultat obtenu, que je prenais parfois une feuille de papier &eacute;pais, ses fusains, et me mettais &agrave; la dessiner.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Je pourrais raconter nos exp&eacute;riences durant des pages. Vous abreuver de ces moments d&rsquo;abandon, ou Anne &eacute;tait &agrave; moi pleinement. Vous raconter les heures &agrave; la regarder, &agrave; la caresser. Les journ&eacute;es qu&rsquo;elle passait, offerte, juste pour le plaisir de m&rsquo;appartenir. Mais jamais, quels que soient les mots que je pourrais employer, je ne saurais vous rendre l&rsquo;intensit&eacute; du bonheur que nous partagions.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Ne croyez pas que notre vie se limitait &agrave; &ccedil;a. Nous avions des amis, nous sortions beaucoup. Nous &eacute;tions aussi curieux de la vie l&rsquo;un que l&rsquo;autre, et nous partions souvent a l&rsquo;aventure, pour rencontrer les gens, voir leur vie, apprendre leur m&eacute;tier. Nous avions renforc&eacute;s notre enracinement dans la voie Bouddhiste, et notre vie tendait &agrave; se calquer sur les habitudes asiatiques. Mais surtout, les &eacute;tudes nous prenaient &eacute;norm&eacute;ment. Nous mettions un point d&rsquo;honneur &agrave; &ecirc;tre dans les meilleurs. Nous tenions notre vie a bras le corps, et nous avions l&rsquo;ambitions de la r&eacute;ussir.</p>
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<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">En Octobre 1971, mon dipl&ocirc;me avec mention en poche, je partais pour l&rsquo;arm&eacute;e. Un an de camp de vacances organis&eacute; par l&rsquo;&eacute;tat. Anne revint s&rsquo;installer chez sa cousine, trop heureuse de ne plus avoir &agrave; mentir pour nous couvrir. Son p&egrave;re avait fini par accepter notre liaison, mais refusait de m&rsquo;h&eacute;berger sous son toit. Lorsque je revenais en permission, nous nous r&eacute;fugions chez moi, ou chez Suzanne. Nous prenions ma voiture, pour aller nous perdre dans un coin de campagne, &ecirc;tre seuls, juste avec notre amour.</p>
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<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Le 4 avril 1972, j&rsquo;&eacute;tais dans ma caserne &agrave; Toul, en Lorraine.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Un peu apr&egrave;s dix sept heures, Anne et trois de ses camarades quittaient le lyc&eacute;e Jolimont, pour se diriger vers dans un caf&eacute; du quartier, ou elles avaient pris l&rsquo;habitude d&rsquo;aller faire leurs devoirs. Elles marchaient sur le trottoir, bavardant et riant. Derri&egrave;re elles, surgit une camionnette de livraison, zigzaguant dangereusement. Son chauffeur, un homme d&rsquo;une quarantaine d&rsquo;ann&eacute;e, &eacute;tait ivre. Il perdit soudain le contr&ocirc;le de son v&eacute;hicule, allant s&rsquo;encastrer dans le mur d&rsquo;un des immeubles qui bordait la rue. Sur le groupe de quatre filles qu&rsquo;il faucha dans sa trajectoire folle, trois furent gravement bless&eacute;es. Une d&eacute;c&eacute;da sur l&rsquo;impact. C&rsquo;&eacute;tait Anne.</p>
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<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Voil&agrave;, je suis arriv&eacute; au bout. Vous dire ce que ces lignes m&rsquo;ont co&ucirc;t&eacute;, le comprendriez vous.</p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">J&rsquo;ai &eacute;crit ce dernier paragraphe lettres par lettres, parce qu&rsquo;apr&egrave;s trente trois ans, mes yeux s&rsquo;embuent encore a cette &eacute;vocation. Mais je me sent mieux, comme si j&rsquo;avais enfin &ocirc;t&eacute; un poids de sur ma conscience. J&rsquo;ai dit &agrave; ces quelques pages ce que je n&rsquo;ai jamais dit a personne..</p>
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<p class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;">Vous voyez ce que j&rsquo;ai perdu, vous savez ce que je cherche. Pourtant je ne recherche pas un clone, ni a refaire a l&rsquo;identique ce qui a &eacute;t&eacute; et ne pourra plus &ecirc;tre. J&rsquo;ai juste envie de retrouver cet amour, avoir encore cette envie de donner du bonheur, pour conna&icirc;tre cette joie immense d&rsquo;avoir une femme aim&eacute;e qui remet sa vie entre mes mains seulement pour un sentiment plus fort que tout. &nbsp;</p><br /><hr />Original article written by cordelius and published on <a href="http://malagasybondage.hotviber.com">cordelius</a> <br />
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		<pubDate>Mon, 03 Oct 2016 11:05:53 +0200</pubDate>
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		<dc:creator>cordelius</dc:creator>
		<dc:date>2016-10-03T11:05:53+02:00</dc:date>
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